Pheidole pallidula procède à la fondation en monogynie, une haplométrose. Dans 38% des nids, les colonies sont polygynes ( E. CAMPAN, , ARON S., PASSERA L .& BOOMSMA J.-(1998)- Spécialisation sexuelle chez la fourmi PHEIDOLE PALLIDULA: un test d'hypothèse - Coll. Insectes Sociaux, 11: 103-107) . Ce sont des situations d'oligogynie ou de polygynie secondaire. La reine fondatrice accepte une ou des nouvelles reines. En France continentale le plus commun reste une et unique reine nouvellement fécondée acceptée.
La forme sociale à reines multiples est favorisée lorsque les risques de dispersion sont élevés et que le succès de la fondation d'une colonie indépendante est faible. Une architecture génétique est parfois nécessaire à l'évolution ou au maintien du polymorphisme social. Laurent Keller a découvert en 2013 un supergène chez la fourmi Solenopsis invicta qui induit la polygynie.
J’ai pu accompagner Emelyne Favreau au lancement de son étude il y a 6 ans (c’est parfois long la recherche) à la collecte de colonies polygynes de P. pallidula et de Lasius flavus pour ses analyses génétiques. Existe-t-il un supergène chez Pheidole pallidula ? Quels sont les mécanismes potentiels en jeu et ceux régissant de l'évolution de l'organisation sociale chez les fourmis ?
Les résultats de son étude viennent de paraître (clic pour le lien) : No supergene despite social polymorphism in the big-headed ant Pheidole pallidula , Emeline Favreau, Claude Lebas, Eckart Stolle, Anurag Priyam, Rodrigo Pracana , Serge Aron, Yannick Wurm.