Voici un mâle Plagiolepis xene. taille moins de 2 mm.

Luc Passera dans sa thèse de 1969 An. Sc. Nat. Zool. le décrit avec une gynécoïdie extraordinaire. Il est aptère. De ce fait pour les différencier d’une reine non ailée dans un nid c’est difficile à l’œil nu. Il passe souvent inaperçu.
la reine:

Vue dorsale de ce mâle en tout point identique à la reine

Seules les pièces génitales en font la différence:

Le terme gynécoïdie m’était tout aussi inconnu, je ne l’avais jamais trouvé dans la littérature. J’ai de ce fait consulté Luc Passera pour en connaître l’origine. Voir l'article d'Alain Lenoir dans son dictionnaire amoureux des fourmis sur cet éminent myrmécologue
Sa réponse fut très rapide et instructive. Il n’avait pas la paternité du terme. Ayant pris sa retraite sans les 12 000 tirés à part qu’il possédait durant sa carrière, il n’avait plus les références exactes. Il me renvoyait à la littérature de Georges Le Masne avec qui il avait travaillé. C’était selon lui le meilleur myrmécologue européen dans les années 60/70. Il connaissait toute la littérature myrmécologique. Doté d’une mémoire extraordinaire il la doublait d’une culture générale phénoménale. Il a travaillé avec lui sur les Plagiolepis.
Pour en connaître davantage sur ce myrmécologue, il faut aussi absolument lire l'article d'Alain Lenoir dans son dictionnaire amoureux des fourmis.
En épluchant les publications de Le Masne j’ai trouvé celle de 1956 antérieure de 13 ans au papier de L. Passera
Académie des sciences (France). Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences.
où le terme gynécoïdie est utilisé à l’envie.

En retrouvant le fil de sa littérature de référence, on peut remonter à Wheeler William Morton
et cette publication : mosaics and other anomalies among ants de 1937
Là on peut découvrir toutes les formes de proximité morphologiques
Ergatomorphic qui ressemble à l’ouvrière
Dinergatandromorphic : entre un soldat ( dinergate) et un mâle
Gynandromorphic : qui ressemble à la reine ! Un individu présente des parties dans le sens des mâles. Les génitalias pour le P. xene et d'autres dans le sens femelle.
Le Masne aurait traduit Gynandromorphic par gynécoïdie.
Il me reste à trouver quand une ouvrière, un soldat, ressemble à une reine comme pour les Colobopsis....